
La plomberie sans soudure s’est imposée ces dernières années, sur les installations neuves comme en rénovation résidentielle. Elle permet d’assembler tubes et raccords sans flamme et sans brasure, avec une remise en eau dans la foulée et une pièce rendue propre.
Chez nos clients, la demande vient rarement du prix. Elle vient de l’envie de refaire une alimentation dans une cuisine finie ou une salle de bains carrelée sans voir un chalumeau passer contre le mur, et sans reprise de peinture derrière.
Le sertissage est aujourd’hui le standard des chantiers professionnels, et une installation sertie dans les règles dure aussi longtemps qu’une installation brasée. Ces règles méritent d’être connues, car elles conditionnent la conformité de l’installation et sa couverture par la garantie décennale. Vous trouverez ici les quatre techniques disponibles, ce que le DTU autorise en encastré, les points de vigilance à la pose et le coût réel.
Sans soudure, de quoi parle-t-on
Assembler sans soudure, c’est obtenir l’étanchéité par un moyen mécanique plutôt que par un apport de métal fondu. Ni chalumeau, ni brasure, ni décapant.
Selon le système, l’étanchéité vient d’un joint torique en EPDM comprimé dans le raccord, ou d’une bague métallique déformée autour du tube. Le procédé couvre le cuivre, le multicouche, le PER et l’inox. Chaque famille a son domaine d’emploi, et elles ne sont pas interchangeables.
Les quatre familles de raccords, et laquelle va où
Le sertissage
Une pince déforme définitivement une bague métallique autour du tube, ce qui écrase le joint torique dans son logement. L’assemblage est irréversible, et c’est le seul que le NF DTU 60.1 autorise en encastré sur du multicouche.
Quatre profils de mâchoires cohabitent : TH pour le multicouche, V pour le cuivre, U pour certains systèmes propriétaires, M pour l’inox. Un profil n’en remplace pas un autre. Une mâchoire TH sur un raccord prévu en V donne un sertissage incomplet, qui peut passer l’épreuve et lâcher quelques mois plus tard.
Le glissement
Une bague en laiton est poussée en force sur le tube par un outil à mâchoires. Aucun joint torique : l’étanchéité vient de la pression du tube contre le corps du raccord. Réservé au PER et au multicouche, encastrable selon l’Avis Technique du système, réputé pour sa tenue dans la durée. L’outillage revient moins cher qu’une sertisseuse, la pose demande plus d’effort physique.
La compression, ou raccord bicône
Un écrou serre une olive en laiton sur le tube. Démontable, rapide, sans outillage au-delà de deux clés, c’est le raccord le plus répandu en grande surface. Il reste interdit en encastré : un bicône se desserre avec les dilatations et se reprend au quart de tour, ce qui suppose de pouvoir l’atteindre.
Le raccord instantané
Vous poussez le tube, une griffe en inox le bloque, un joint torique assure l’étanchéité. Trente secondes par raccord. Il rend de grands services en dépannage et sur les accès difficiles. Comme il reste démontable, il doit demeurer accessible, donc en dehors de toute cloison ou chape.
| Technique | Matériaux | Encastrable | Démontable | Emploi type |
| Sertissage | Cuivre, multicouche, PER, inox | Oui | Non | Distribution neuve, encastré, chape |
| Glissement | PER, multicouche | Oui, selon l’Avis Technique | Non | Plancher chauffant, alimentation encastrée |
| Compression (bicône) | Cuivre, multicouche, PER | Non | Oui | Raccordement apparent, appareil, robinet d’arrêt |
| Instantané (push-fit) | Cuivre, multicouche, PER | Non | Oui | Dépannage, zone inaccessible, provisoire |
| À visser (fileté) | Laiton, acier | Non | Oui | Vannes, compteurs, organes de coupure |
Ce que le DTU autorise en encastré
C’est le point que les guides grand public abordent le moins, alors qu’il décide de la conformité de l’installation.
Le NF DTU 60.1 pose trois règles. Les raccords démontables doivent rester accessibles. Les raccords à compression, appelés aussi raccords à visser ou raccords américains, sont interdits en encastré. Sur du multicouche noyé dans une cloison ou dans une chape, le sertissage est le seul assemblage autorisé.
La logique se retient facilement : un raccord qui peut se démonter doit pouvoir s’atteindre, parce qu’un jour il faudra le reprendre. Si un organe démontable doit rester dans une cloison, on prévoit une trappe de visite. Sans elle, l’installation n’est pas conforme, et en cas de fuite derrière le placo, l’assureur s’appuiera sur le DTU pour apprécier les responsabilités.
Pourquoi la plomberie sans soudure s’est imposé ?
Le risque incendie
Souder relève des travaux par point chaud. Pour une entreprise extérieure, l’article R4512-7 du Code du travail impose un permis de feu, et de nombreuses polices d’assurance d’immeuble l’exigent également. En cas d’incendie déclenché par des travaux menés sans ce document, l’indemnisation peut être réduite.
S’y ajoutent les configurations où la flamme n’a pas sa place : gaine technique remplie de câbles, doublage isolé, plancher bois, faux plafond, logement occupé. Le sertissage y devient la seule méthode praticable.
Le chantier propre et la finition
C’est l’argument qui revient le plus souvent chez nos clients. Une brasure suppose une flamme à plus de 1 000 °C contre un mur, des écrans de protection, de la suie, du décapant qui coule le long du tube et une reprise de peinture derrière. Le sertissage ne laisse rien : on coupe, on calibre, on sertit, on essuie. Sur une cuisine finie ou une salle de bains carrelée, la pièce vous est rendue le soir dans l’état où vous l’avez laissée le matin.
Sur une alimentation apparente, le multicouche se cintre : une courbe remplace deux coudes, donc moins de raccords visibles et une ligne plus nette le long du mur. Sur du cuivre apparent, le sertissage conserve un tube poli, sans les auréoles de chauffe que laisse la brasure.
Le temps et la remise en eau
Un raccord serti prend une quinzaine de secondes. Le sertissage accepte le tube humide, ce qui change tout en rénovation : une canalisation déposée ne sèche jamais vraiment, et une brasure sur tube humide ne prend pas. La remise en eau suit directement l’épreuve.
Les limites du sans soudure

Comme toute technique, elle a ses contreparties. Mieux vaut les connaître avant d’arbitrer.
- Le prix des raccords. Un raccord à sertir coûte trois à huit fois celui d’un raccord à braser. Sur une distribution complète, l’écart se lit sur le devis.
- L’outillage. Une sertisseuse électro-hydraulique va de 400 à 1 500 €, mâchoires en sus, une par profil et par diamètre. Les fabricants demandent un recalibrage annuel en centre agréé, car une pince jamais révisée sertit mal sans que cela se voie.
- L’encombrement. Un raccord serti est plus volumineux qu’un raccord brasé. Dans une gaine étroite ou derrière un bâti-support, cela se paie en centimètres.
- La compatibilité. Tube et raccords doivent appartenir au même système, celui que couvre l’Avis Technique. Mélanger deux marques annule la garantie du fabricant et sera lu comme un défaut de mise en œuvre.
- Les limites du matériau. Le PER et le multicouche craignent les UV et le gel. Ni extérieur exposé, ni local non chauffé sans protection.
- Le gaz. Seuls des raccords certifiés pour le gaz sont admis. Rien de ce qui vaut pour l’eau ne se transpose au gaz.
- Les métaux différents. Entre cuivre et acier galvanisé, il faut un raccord diélectrique, monté dans le bon sens. Sans lui, en eau dure, le galvanisé peut se percer en trois à cinq ans.
Les cinq erreurs qui provoquent une fuite
Ce sont celles que nous rencontrons le plus souvent sur les installations que l’on nous demande de reprendre.
- Couper à la scie à métaux. Le tube s’ovalise et le joint ne porte plus sur toute la circonférence. Coupe-tube uniquement, coupe perpendiculaire.
- Sauter le calibrage et le chanfrein. L’outil de calibrage redonne au tube sa forme ronde et crée le chanfrein qui laisse glisser le joint. Sans lui, le joint EPDM se cisaille à l’insertion. C’est la première cause de fuite sur multicouche.
- Ne pas tracer la profondeur d’insertion. Le tube doit venir en butée dans le raccord. Inséré aux trois quarts, il se sertit sur du vide.
- Oublier un raccord. Sur une distribution de trente raccords, il en reste souvent un non serti. Les raccords actuels intègrent une fonction non serti, non étanche : à l’épreuve, l’oubli se signale par une fuite visible, à condition de réaliser l’épreuve.
- Mauvais profil ou pince fatiguée. Vérifiez le profil de mâchoire et l’état des arêtes avant de sertir. Après l’opération, les témoins de sertissage doivent avoir disparu.
La plomberie sans soudure est-elle réellement étanche ?
Une installation sans soudure se juge sous pression. Le NF DTU 60.1 prévoit un essai d’étanchéité sur toute installation neuve ou partie rénovée du réseau d’alimentation, à 10 bars pendant 30 minutes, sans aucune chute de pression. Sur canalisation cuivre, le NF DTU 60.5 retient 1,5 fois la pression maximale admissible avec un minimum de 6 bars.
Demandez le procès-verbal d’essai à l’entreprise qui intervient. Sur un réseau encastré, c’est la pièce qui atteste que l’installation a été contrôlée avant fermeture, et elle vous servira en cas de litige.
Comment Archi Plomberie s’occupe de votre plomberie ?
Nous travaillons en sertissage sur la majorité de nos chantiers d’alimentation, en rénovation d’appartement comme en remplacement de colonne.
- Sertissage sur tout ce qui part en encastré ou en chape, sans aucun raccord démontable noyé.
- Tubes et raccords d’un même système sous Avis Technique, avec attestation ACS pour l’eau potable.
- Sertisseuses recalibrées, mâchoires contrôlées, profil vérifié avant chaque poste.
- Épreuve d’étanchéité conforme au NF DTU 60.1, avec procès-verbal remis au client.
- Trappe de visite dès qu’un organe démontable doit rester dans une cloison.
- Chantier protégé et pièce rendue propre, sans flamme et sans reprise de peinture à votre charge.
Si vous refaites une salle de bains, une cuisine ou une alimentation complète, faites chiffrer avant d’arbitrer entre brasure et sertissage. Nous chiffrons les deux quand les deux conviennent, et nous vous indiquons celle qui s’adapte le mieux à votre configuration. Devis gratuit, intervention sur Paris, la Seine-Saint-Denis (93), le Val-de-Marne (94) et toute l’Île-de-France.
Téléphone : 01 70 13 43 17
Plomberie sans soudure : vos questions, nos réponses
Les questions que les clients d’Archi Plomberie posent le plus souvent avant de faire refaire une alimentation.
La plomberie sans soudure est-elle aussi solide que la soudure ?
Sur une pose conforme, oui. Un raccord serti sous Avis Technique est donné pour la même durée de vie qu’une brasure, et le NF DTU 60.1 l’admet en encastré. Tout se joue sur la mise en œuvre : tube calibré et chanfreiné, bon profil de mâchoire, pince recalibrée, épreuve d’étanchéité. Une brasure mal exécutée fuit également.
Peut-on encastrer un raccord sans soudure dans un mur ?
Cela dépend du raccord. Le sertissage est autorisé en encastré, le glissement l’est selon l’Avis Technique du système. Les raccords à compression et instantanés restent démontables, ils doivent donc rester accessibles. Si l’un d’eux doit se trouver dans une cloison, on prévoit une trappe de visite. Sans elle, l’installation n’est pas conforme.
Quel raccord sans soudure choisir pour du multicouche ?
Sertissage au profil TH pour tout ce qui part en encastré ou en chape. Compression ou instantané pour les raccordements apparents que vous voudrez pouvoir reprendre, un robinet d’arrêt ou l’alimentation d’un appareil. Prenez le tube et les raccords dans le même système : mélanger deux marques annule la garantie du fabricant.
Une installation sans soudure coûte-t-elle plus cher ?
La fourniture, oui : un raccord à sertir coûte trois à huit fois celui d’un raccord à braser. La main-d’œuvre baisse en revanche, la pose va plus vite et il n’y a ni protection anti-feu à installer ni reprise de peinture derrière. En rénovation sur site occupé, le total penche souvent du côté du sertissage.
Peut-on utiliser un raccord sans soudure sur une installation gaz ?
Uniquement avec des raccords certifiés pour le gaz, jamais avec du matériel prévu pour l’eau. Les raccords à sertir gaz portent une certification ATG et reçoivent un joint HNBR, distinct du joint EPDM des raccords eau, avec un repérage de couleur propre à chaque fabricant. S’y ajoute une contrainte réglementaire : toute installation gaz neuve ou modifiée exige un certificat de conformité délivré par un organisme agréé, ce qui suppose l’intervention d’un professionnel qualifié.
Faut-il faire appel à un plombier pour une plomberie sans soudure ?
Pour un raccordement apparent et démontable, un bricoleur soigneux s’en sort. Pour une distribution encastrée, la question change : le choix du système, le respect des règles d’encastrement, le calibrage du tube et l’épreuve d’étanchéité conditionnent la conformité de l’installation et sa couverture en cas de sinistre. C’est aussi une affaire d’outillage, une sertisseuse coûtant de 400 à 1 500 € et devant être recalibrée chaque année.

